Raihau Maiau le sauteur en longueur de Moorea  est le lauréat 2018 en athlète élite des trophées du sports Polynésien.
Il aura parcouru un long et beau parcours pour conquérir la plus haute marche nationale de sa discipline. Précoce puisque après un an d’athlétisme sous la houlette de Véronique Boyer, il est déjà meilleur performeur français cadets avec 7m45. Les années qui suivirent ont été celles d’une recherche personnelle afin de trouver enfin sa voie à Toulouse, au sein du CA Balma avec Dominique Hernandez comme coach pour exploiter pleinement son potentiel que l’on sait toujours très prometteur et mener parallèlement ses études. Plusieurs fois titré en Universitaire sur 60m et en longueur, il a également remporté en 2017 une médaille de bronze aux universiades, et s’est imposé aux jeux de la francophonie pour terminer avec ce titre de champion de France Elite.  Le but aujourdhui est de concrétiser cette progression constante afin d’accéder aux grands championnats continentaux et mondial au sein de l’équipe de France.

extrait de son entretient avec sportstahiti.com
Raihau Maiau est né le 1er août 1992 à Moorea, cet athlète polynésien est spécialiste du saut en longueur. Le 16 juillet dernier, Il a été sacré champion de France « Elite » de cette spécialité avec un bond à 8m22. Le vent étant trop favorable ce jour-là, sa performance n’a pu être homologuée et n’a donc pas pu participer aux championnats du monde de Londres le mois suivant. Derrière cette incroyable performance se cache un mental d’acier. En effet, en avril 2016, Raihau est victime d’une rupture du tendon d’Achille et a du arrêter la compétition durant plus d’un an. Sportstahiti est allé à la rencontre de ce champion hors norme.

Présente-toi en quelques mots :

« Je m’appelle Raihau MAIAU originaire de Haapiti à Moorea. J’ai 25 ans et je suis étudiant en master 2 staps spécialisé dans l’entraînement et l’optimisation de la performance sportive à Toulouse. Et je suis le tout nouveau champion de France de saut en longueur. »

Comment t’es venue cette passion pour le saut en longueur ?

« Pour moi une passion ça se construit… Je pense en premier à ma famille qui m’a toujours inculquer des valeurs compétitives notamment la base. Mon père est un sportif accompli. Etant le dernier enfant de la famille, cela m’a toujours donné des objectifs plus élevés souvent mêmes trop élevés… je pense notamment à mon grand frère qui a dû me trimballer partout étant enfant. Du coup, j’ai découvert l’athlétisme sur piste assez tard, en 2009, poussé par mes professeurs de sport du collège de Paopao. Pour l’anecdote, c’était au départ un moyen pour moi de rater les cours et de me balader en ville avec les collègues… puis sont venues les premières sélections tahitiennes pour les Oceanias, la pacific school games, les Jeux du Pacifique… Jusqu’au jour où j’ai eu la chance d’obtenir un « scholarship », bourse pour intégrer le centre de performance de OAA  (Océanie Athletics Association) c’est à ce moment là que ma passion pour l’athlétisme et notamment le saut en longueur à débuter. A la base, j’étais sprinteur et sauteur. La spécialisation est vraiment venue tardivement. Le fait d’enchaîner les victoires ou les échecs au pied du podium te poussent vraiment à t’intéresser à tous les facteurs qui composent ta performance. Savoir qu’un simple saut peut être tellement complexe et nécessite vraiment de s’impliquer à fond pour s’améliorer, c’est d’ailleurs ce facteur technique qui est aussi l’un des facteurs qui à construit ma passion pour le saut en longueur. »

Quels souvenirs gardes-tu de ton énorme performance en remportant le championnat de France de saut en longueur avec un saut à 8m22 ?

Je l’ai attendue longtemps cette victoire, et je n’aurai jamais cru que cela se passerai dans l’année de reprise de ma blessure ! Incroyable !!! C’était un peu une victoire inattendue mais aussi un peu de frustration car ce saut aurait pu me qualifier au championnat du monde à Londres, malheureusement le vent était un peu trop favorable. Cependant cela reste un grand soulagement surtout après un retour de ma grave blessure. Cela est très réconfortant…

Quels sont tes objectifs, suite à ce titre de champion de France ?

Mon année de reprise, c’était de la folie !!!! Après ce titre, direction La Côte d’Ivoire pour un premier titre de champion des jeux de la francophonie et une première marseillaise… Dans la lancée une qualification au championnat du monde universitaire (universiade) pour une belle troisième place et finir par le Décanation réunissant l’élite française pour un match par équipes ou l’on fini sur la deuxième marche du podium! Phouuu quelle année remplie de rebondissements. Sinon pour répondre à la question, l’objectif principal de cette année est de se conforter dans les minima de sélection de 8m20 afin de se débarrasser de ce poids de performance requise.

Tu as été blessé avec une rupture du tendon d’Achille gauche, comment as-tu vécu cette période ?

J’ai vécu ça très mal ! Mais j’ai eu la chance d’être vraiment bien accompagné dans le processus de guérison. J’ai intégré le centre européen de rééducation de cap breton ou j’ai pu être suivi physiquement mais aussi psychologiquement.

Comment fait-on après une grave blessure pour revenir au haut niveau ?

C’est un lonnnng chemin ! Il faut garder la motivation à tout prix et être patient. « Jeter » tes anciennes sensations d’appui et de performance pour avancer et construire de nouvelles bases kinesthésiques et proprioceptives, en gros t’habituer à ton nouveau toi… J’ai essayé de prendre la rééducation comme un challenge, je me fixais des petits objectifs de travail dans la rééducation, dans la nutrition. Ma mère m’a toujours dit « sois sérieux dans les petites choses et tu le seras aussi dans les grandes. »

Où en es-tu physiquement ?

On vient de finir un gros travail de foncier, donc c’est un peu dur en ce moment mais comme on dit  » plus dur est l’entraînement, plus facile sera la compétition »! Pas de blessures ni de gênes donc tout va bien !

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes ?

Amusez vous ! Le sport permet de se dépasser, de gagner en confiance, de s’amuser, de maigrir ou même de juste vouloir se vider la tête ! Mais le principal c’est de se sentir bien dans son corps et de profiter de la vie et des choses que l’on aime.

Comment fait-on pour être un grand champion comme toi ?

Je suis loin d’être un grand champion… mais si tu veux faire des performances sportives, sois motivé ! Mets toi un objectif et il faut que chaque chose que tu fasses dans la journée, même si c’est un dimanche, te rapproche de celui-ci. Entraîne-toi car quand tu fais rien certains le font. Donne toi à fond et prend un bon coach qui sait ce qu’il fait. Un bon partenaire d’entraînement qui te suit dans la douleur. D’ailleurs, un grand big up Namataiki Tevenino. Et tout le reste suivra.

Un dernier mot ?

Vous pouvez suivre mes performances et certains exercices d’entraînement sur mon Instagram « raihau_maiau » et écrivez votre propre histoire ! Tahiti à un gros potentiel sportif mais il faut le cultiver ! Big up à toute ma famille que je ne remplacerai pour rien au monde, asics, mon coach, le CA Balma mon club et plug bodyboard et ne pas oublier de regarder « ONE PIECE ». Les vrais connaîtront la puissance de ce manga. Bisous spécial à Maureen, ma frangine chérie et à Niko qui me soutiennent sans relâche. Sans oublier les meilleurs Akevai et Meheata.