En septembre 1983, les jeux d’Apia (Samoa occidentales) vont marquer la transition entre la période précédente qui a vu l’athlétisme polynésien amorcer sa structuration, et l’ère du plein épanouissement constittuée par les sept années d’action d’un CTR du haut niveau arrivé en 1983 : Michel Lourie.

Les jeux d’Apia voient la confirmation du talent d’Albertine An, avec 5 médailles obtenues en hauteur et au 4X100 or, au 100 et 200m argent et au 100m haies bronze. Vetea Dehors s’impose en hauteur. Léonne Ley double médaillé d’or au 400m haies et 4X100m. Jean Claude Duhaze poursuit sa carrière de lanceur avec succés: argent au marteau et bronze au poids.
En fond et demi-fond, Jean-Louis Bouhnoure professeur en poste sur le territoire remporte 3 médailles d’argent au 5000, 10000m et marathon.Il complète son palmares avec le bronze sur 1500m.

En 1983 Michel Lourie arrive à Tahiti en qualité de CTR de la ligue d’athlétisme de Polynésie Française. Ce technicien émérite est précédé d’une flatteuse réputation: entraîneur national de sprint, il a conduit le 4X100m tricolore à la médaille de bronze des derniers jeux Olympiques de Moscou en 1980.
Michel Lourie est un leader naturel charismatique. Il suscite l’adhésion de la majorité par sa grande compétence. Ferme et déterminé dans son domaine technique, il va donner à l’athlétisme local une formidable impulsion concrétisée par des résultats remarquables.

S’appuyant sur le sport scolaire (jeux athlétiques de l’avenir) pour la détection, il va multiplier les innovations avec la collaboration des clubs: triathlon pointes d’or, challenge sprint haies et des sauts, Challenge Colgate après l’arrivée de Colette Besson en 1986, stages de regroupement à Moorea.

Chaque année, une tournée en métropole va permettre aux meilleurs jeunes de se frotter à l’élite nationale. Championnats de France scolaires, championnats des jeunes de la FFA. Ces jeunes vont incontestablement s’aguerrir au contact des anciens qui participent aux France et meeting nationaux. Ces sept années de présence du CTR Michel Lourie seront celles de l’âge d’or de l’athlétisme polynésien.

Qu’il s’agisse de l’encadrement technique dans les clubs, des dirigeants et des officiels de compétition, d’autres bénévoles vont à nouveau s’impliquer. Citons parmi les principaux James Ellacott, le regrétté Jean Pierre Guarrigue, Yves Marti, Alain Nardi, Lionel et Daniel Vicente, Jacqueline Arbus de la Palme, Liane Létang, Alain Pujol, Francis Dhieux, Gilbert et Françoise Teriierooiteri, Talo Pambrun, Daniel Nouveau, François Teganahau, Michèle Boyer.

Michel Lourie a vite compris l’intérêt qu’il y avait à privilégier les disciplines techniques. Outre la perche, les épreuves combinées, les haies, les sauts vont concrétiser cette politique et nous valoir une belle moisson de médailles et de titres.
Dés 1985, la sélection l’athlétisme va se distinguer aux 2ème minijeux de Rarotonga en obtenant 24 médailles dont 8 d’or.

L’école de perche Tahitienne confirme sa suprématie: Braye, Tekuataoa et Pautu assurent un triplé significatif.
Albertine An poursuit sa collecte: elle obtient les médailles d’or en hauteur et bronze en longueur.
Léone Ley et Robert Tupuhoe remportent le 400m haies, Glenn Barff le décathlon. En argent Valérie Vahirua et Didier Le doare aux épreuves combinées et Simplicio Amaru bronze au 100m haies.
Les lanceurs sont toujours au sommet: le grand Gordon Barff apparait pour la première fois au disque en prenant l’argent. Jean-Claude Duhaze est double médaillé d’or au disque et au marteau, u poids il prend le bronze. Sandra Pito s’impose une nouvelle fois au disque.

En mars 1986, un grand meeting international l’athlétisme est organisé. De nombreuse stars Françaises vont y participer: Marie-Rose en sprint, Thiebault en demi-fond, Lakafia au javelot. Parmis les internationauxMac Koy, Dia BA, Sandra Farmer, Bill Olson. Ces champions vont accomplir de superbes performances durant deux belles soirées sur la piste du stade Pater, sous l’oeil émerveillé de nos jeunes athlètes qui, pour certains vont participer aux compétitions.

L’année 1986 verra le staff technique renforcé par l’arrivée de la championne Olympique du 400m de Mexico en 1968: Colette Besson. Elle va relancer l’athlétisme à Faa’a par l’intermédiare du club de Tefana, instaurer le challenge Colgate et prendre en charge le demi-fond.

En 1987, lors des jeux du Pacifique de Mouméa, la moisson se poursuit: 26 médailles:
Robert Tuphuoe doublé en or au 100m haies et 400m haies.
Jean Luc Mukwai or à la perche
Gordon Barff or au disque
Pascal Adams 3 médailles en demi-fond, Léonne Ley 2 médailles, Marie Line Marraud 2 médailles se distinguent.
deux jeunes cadettes dont on reparlera Katia Sanford et Véronique Boyer obtiennent leur premier podium au 4X400 en argent.
Mais la reine incontestée de ces Jeux est Albertine An: double médaillée d’or au 100m haies et en hauteur et 5 fois médaillée en argent au 100, 200, 4X100, en longueur et à l’heptathlon.

De 1985 à 9186 lors des tournées en métropole, nos athlètes vont se forger un formidable mental et une indispensable expérience au contact de l’élite. Ceux et celle qui y ont participé en gardent un souvenir impérissable. Les athlètes vont se distinguer lors des divers championnats de France(UNSS, UGSEL, Nationnal 1, 2) des Meeting de Colombes, Tarare, Montgeron, Orange et Aux Championnats de l’ïle de France. Les athlètes du demi-fond participeront aux soirées de St Maur.
Une multitudes d’exploits seront réalisés, de nombreux records personnels et de polynésie seront battus lors de ces tournées.
Albertine An est vice championne de France N2 en 1988 au 100m haies. On la retrouve cette même année avec les 3 sélectionnées Olympiques française aux championnats de France N1.
Katia Sanford vice championne de France du 400m haies en 1989.
Véronique Boyer vie championne de France cadettes de l’hepthtlon en 1989.
Fateata Yao Tham Sao médaillée de bronze et sélectionnée en équipe de France junior au javelot.
Robert Tupuhoe bat le record de Polynéise et est sélectionné en équipe de France espoir au 400m haies.
PAscal Adams pulvérise 4 records de Polynésie lors des soirées de St Maur en 1988.
Cette même année Teroro Meyer l’imite , elle bat les records du 800 et 3000m.
Monia Pahi devient championne de France au javelot minime en 1990.

C’est lors de ces tournées qu’un jeune équipe féminine de Tahiti réussit en juin 1988 l’un des plus grand sexploits de l’athlétisme Polynésien.
A l’occasion des 7ème jeux de l’UNSS à Annecy, et dans le cadre de ces jeux scolaires les six cadettes du fenua vont battre les meilleures équipes métropolitaines et européennes. LIRE L’ARTICLE

En aout 1989 pour les mini-jeux, la sélection mise sur pied par Michel Lourie et Colette Besson est un modèle d’équilibre entre les anciens toujours compétitifs et les jeunes, surtout féminines qui viennent de briller à l’échelon national durant les 2 dernières années.
Les résultats sont éloquents/ 10 médailles d’or, 9 d’argent, 7 de bronze, records tous temps.
Robert Tupuhoe est triplé médaillé d’or, 110m haies, 400m haies et 200m
Gordon Barff or au disque et argent au poids
Thibaut Cattiau or à la perche
Vatea Escande encore junior or au 800m
Albertine An tête de file, se blesse en finale du 100m aprés avoir remporté la hauteur.
C’est alors une jeune athlète de 17ans Véronique Boyer, qui prend la relève et devient avec 6 médailles, l’athléte la plus médaillée de ces mini-jeux avec l’or au 100m haies et 4X100, l’argent à l’hepthatlon et en longueur et le bronze en hauteur et 4X400m.
Katia Sanford pétrie de classe est double médaillée d’or au 400 et 400m haies.
Vont également se distinguer au cours de ces mini-jeux mémorables: Teroro Meyer 3 argent au 1500, 3000, et 10000m; Jean-luc Mukwai médaillé à la perche et en hauteur; Joseph Leverd bronze au javelot de même que Sandra Pito au disque; Gaêlle Arbus De la Palme médaillée au 100m haies et 4X100m; Marie-Jeanne Ceranjérusalémi médaillée au 4X400m.
Le 4X100m féminin médaillé d’or est le symbole de cette jeunesse triomphante puisque l’équipe est composée de deux juniors, Katia Sanford et Aimata Leroy et deux cadettes Véronique Boyer et Gaêlle Arbus de La palme.

A la fin de la décennie 80, l’athlétisme polynésien est à son apogée. Sera t’il capable de préserver, voire améliorer son niveau, alors que se mettent progressivement en place les nouvelles srtutures fédérales ?

VOIR LES PHOTOS RETRO TAHITI 1983-1989.

Extrait Bernard Boyer: 40 ans d’athlétisme en Polynésie Française